Un prix barré se compare au prix pratiqué avant, pas au prix conseillé

Avatar de Clémence Batifoulier

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Un prix barré à côté d’un prix réduit donne toujours la même impression de bonne affaire. Mais ce chiffre barré n’est pas laissé au choix du vendeur : la réglementation impose qu’il corresponde au prix le plus bas réellement pratiqué sur ce même article durant les trente jours précédant la promotion, et non à un prix conseillé par le fabricant ou fixé arbitrairement pour paraître plus généreux.

Ce que la loi impose derrière le chiffre barré

Cette règle du prix de référence vise à empêcher une pratique ancienne et répandue : gonfler artificiellement un prix « avant » pour rendre la réduction plus spectaculaire qu’elle ne l’est réellement. En exigeant que le prix barré reflète un prix effectivement pratiqué en boutique récemment, la réglementation transforme la remise annoncée en information vérifiable, et non en argument marketing sans limite.

Le prix conseillé par un fabricant, lui, n’a jamais eu la valeur d’un prix de référence légal. Un vendeur peut très bien n’avoir jamais pratiqué ce tarif, l’avoir affiché une seule journée avant de le barrer, ou l’avoir toujours vendu moins cher : dans tous ces cas, afficher une réduction calculée sur ce prix conseillé constitue une pratique trompeuse.

Trente jours, pas un instant choisi au hasard

Cette fenêtre de trente jours n’est pas non plus une moyenne calculée sur l’année entière : c’est le prix le plus bas pratiqué juste avant le lancement de l’opération commerciale qui sert de référence, pas un tarif observé six mois plus tôt lors d’une précédente période de réduction. Un article resté au même prix pendant des mois, puis brièvement augmenté juste avant une opération de promotion, poserait ainsi un problème de conformité, même si l’écart affiché entre les deux chiffres semble impressionnant sur l’étiquette.

Un principe qui vaut aussi pour les soldes saisonniers

Les grandes périodes de réduction encadrées, deux fois par an, obéissent à la même logique de prix de référence que n’importe quelle promotion isolée en magasin. L’idée reçue selon laquelle « tout se vaut » pendant ces semaines particulières ne résiste pas à l’examen : un article resté au prix fort pendant des mois, puis soudainement affiché en forte réduction dès le premier jour de la période, mérite exactement la même vigilance qu’une promotion ponctuelle affichée un mardi ordinaire. La période choisie pour l’opération ne change rien à l’obligation du vendeur.

Le réflexe qui évite la fausse affaire

  • Comparer le prix promotionnel affiché à ce que l’article coûtait, à connaissance, quelques semaines plus tôt — en magasin ou en ligne — plutôt qu’au seul écart affiché sur l’étiquette.
  • Se méfier d’une réduction annoncée sur un article rarement vendu à son prix plein, signe fréquent d’un prix de référence gonflé dès le départ.
  • Se souvenir qu’un pourcentage de réduction élevé ne dit rien du prix final : un article cher réduit de moitié peut rester plus onéreux qu’un équivalent jamais mis en promotion.

Ce contrôle du prix de référence relève de la même autorité que celle qui vérifie l’exactitude des étiquettes, sujet développé du côté de la rubrique famille et loisirs à propos des indications que les fabricants ne sont pas toujours tenus de fournir.

La DGCCRF contrôle régulièrement ces annonces de réduction de prix et peut sanctionner un prix barré qui ne correspond à aucune réalité commerciale récente — une vigilance qui explique pourquoi certaines enseignes affichent, discrètement, la date exacte du prix de référence retenu.


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